FNC 2016

Je t’avais un peu parlé du FNC de cette année sur Facebook, tu connais le rituel, maintenant je vais te raconter mes trois coups de cœur de l’édition 2016.

Sans plus attendre parce que je sais que tu trépignes comme un fou derrière ton écran, comme en tox en ke-man, tu veux que je balance ma liste de Rose. Enfin c’est plus ou moins comme ca que je t’imagine, ne dis rien, gardons le mystère de l’inconnu, comme le disait Wallen: ne brise pas mes rêves (minute de méditation r’n’b).

 

Bref, tout ça tout ça, allez hop, c’est parti!

 

Merci Patron!

 

Merci Patron, c’est le petit docu français dont t’as sûrement entendu parler. Il a fait son petit effet en France et a conduit au licenciement d’employés qui avaient eu le malheur de s’investir dans le projet. Liberté je vomis ton nom. Le documentaire, écrit et réalisé par Francois Ruffin, fondateur et rédacteur en chef du journal Fakir, s’attaque avec humour mais sans baisser la garde pour autant à un géant: Bernard Arnaud, aka le big boss du groupe de mode le plus puissant de l’univers: LVMH.

L’histoire est assez simple, et malheureusement presque banale, Jocelyne et Serge Klur, un petit couple du nord de la France qui travaillaient chez Kenzo (qui appartient donc au groupe LVMH) mais qui ont tous les deux (comme beaucoup d’autres employés de l’usine de Poix-du-Nord) perdu leur emploi. La raison? L’argent appelle l’argent, et le profit appelle à la multiplication du profit. L’usine a été relocalisée en Pologne, histoire de maximiser encore plus le profit fait sur un costume Kenzo qui coûte un ou deux bras.

 

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Ruffin va essayer de plaider leur cause à la réunion annuelle des actionnaires du groupe LVMH (puisqu’il a acheté des actions pour se rapprocher du grand Bernard). Il va bien entendu se faire sortir par les molosses de la sécurité. Alors il va devoir changer de tactique et ruser pour sortir le couple de la merde et des dettes. Et là on va rire et même stresser. Ca en devient presque un docu à suspense.

Le documentaire dénonce mais dans la dérision et le second degrés, ne t’attends pas à un sujet à la Michael Moore avec plein d’interviews de partout, on est pas dans le journalisme d’investigation mais plus dans le combat de lutte des classes. Tourné avec un petit budget, Merci Patron! montre qu’on a pas besoin d’être à la tête d’un empire pour en avoir la d’dans!

Le film est au cinéma Beaubien et au Quartier Latin, va le voir!

 

MERCI PATRON de François Ruffin (bande-annonce) -en salle le 14 octobre from Funfilmdistribution on Vimeo.

 

 

Porno e Liberta

 

Changement d’ambiance, changement de décor. Range ton panneau de militant et installe toi dans un fauteuil en cuir, joue avec ton sautoir dans ton fauteuil en rotin, dézippe la fermeture de ton patte d’eph en tweed vert bouteille. Bienvenus dans le porno des 70s, à l’italienne.

Le documentaire de Carmine Amoroso s’intéresse à l’industrie du film coquin (et plus si affinités), avant qu’elle ne devienne un empire et une machine à fric propulsée par l’Amérique à la vitesse d’une éjac faciale. Ici on parle porno au moment où il était encore cinéma érotique, où la censure frappait fort et où une photo de femme nue devait littéralement se passer sous le manteau pour ne pas risquer de choquer et de se faire choper.

 

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Le fil conducteur est le porno mais le documentaire aborde à travers les images coquines l’évolution d’une société, les libertés et droits de la femme, la lutte pour l’affirmation de sa sexualité dans une Italie encore très puritaine. La pornographie a non seulement permis de libérer les tenues et les corps, d’alléger les matières, mais a aussi offert une tribune à une communauté toujours laissée pour compte: la communauté LGBT.

A travers les témoignages de réalisateurs, acteurs, photographes, intellectuels ou féministes, Porno e Liberta nous plonge dans les prémices des films pour adultes, avec au programme de la grosse touffe 70s, la mythique Cicciolina, la moquette orange, les plans larges et le combo poils au torse/moustache/chaussettes blanches.

 

 

 

Late Shift

 

Ca y est, on est dans le futur.

Late Shift c’est une série anglaise en plusieurs épisodes, une histoire de vols, méchants avec de grosses voitures et des flingues, mais à la sauce britannique, comme on a pu le voir chez Guy Richie. On y retrouve d’ailleurs Tobias Weber et Michael Robert Johnson, avec qui Richie a travaillé sur Sherlock Holmes.

 

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Mais le plus surprenant dans Late Shift, ça n’est pas tant le scénario mais plutôt la technologie derrière. Je t’explique, Late Shift c’est un peu « le jeu dont vous êtes le héro ». Tu décides des choix que doit faire le personnage central. On te propose plusieurs choix dans chaque épisode, et de là tu vas dessiner la trame et le caractère de ton héro. Si tu veux en faire un bel enculé sans pitié ou si tu veux qu’il sauve le monde (ou au moins qu’il essaye). Entre le jeu et le film, Late Shift t’immerge directement dans le sujet car flatte un peu ton égo de marionnettiste et calme la frustration que tu as pu avoir dans certains films quand tu criais vainement: « non ne l’écoute pas!! » (ou quelque chose du genre).

Ca se regarde sur iphone ou ipad et l’expérience est plutôt unique, vas y télécharge le package, ça coûte le prix d’un paquet de clopes et ça ne te fera pas tousser.