Mal de Pierres – Cinémania 2016

Cinémania commence jeudi, et comme chaque année, la programmation est folle.

Le film d’ouverture annonce la couleur et met la barre haute, avec Mal de Pierres de Nicole Garcia, inspiré du roman du même nom de Milena Agus.

 

J’avais entendu parler du film en ces termes « chef d’œuvre », « futur monument du cinéma français »; autrement dit, ça annonçait du lourd.

A vrai dire, ça faisait un effet bipolaire sur moi: excitation et crainte; entre l’agacement face aux grands mots et le désir de voir pour donner mon avis.

Puis faut dire que ma bipolarité a été poussée un peu plus loin à la lecture de la distribution: Louis Garrel -yeahhh- / Marion Corillard -ohhhh-

 

Alors bon, je me suis tout de même lancée, et puis je vais te le dire tout de go: ce film est un chef-d’œuvre.

 

Pour l’histoire, on est dans le sud de la France dans les années 50, Gabrielle (Cotillard) est fille d’une famille bourgeoise qui a fait son argent dans la récolte de lavande. Notre Gabrielle fantasme sur le professeur du village, marié et femme enceinte; elle ne fait pas que rêver dans son coin, elle affiche clairement ses sentiments et fout un peu la merde -et la honte à sa famille- dans le village.

Le village la croit un peu folle notre Gab, et la mère va prendre les choses en mains. Il faut la marier, comme ça elle sera casée, tranquille, et nous on pourra vivre notre vie sans stress sans se soucier des crises de la p’tite. Alors elle va proposer à un des ouvriers espagnols qui travaille pour eux: José (Alex Brendemühl). Elle ne veut pas, dit qu’elle ne l’aime pas. Je la comprends moi la Gab, imagine toi mariée à un gars que tu ne connais pas, vivant en plus loin de chez toi, et il va en plus falloir jouer la femme aimante et sympa.

 

Frappée de douleurs et spasmes intenses, on va lui diagnostiquer des calculs rénaux (aka « mal de pierres », t’as compris?), et pour la soigner, elle va devoir faire une cure thermale. Elle décide de la faire en Suisse car c’est la meilleure et que l’argent ne manque pas pour la payer dans la famille.

 

Autant te dire que c’est à partir de là que le film commence à vraiment devenir intéressant. Avant tout est beau: décors, plans, lumières, stylisme (subliiiime); mais là, à la cure, tout atteint son paroxysme (accompagné de l’arrivée dans le film de Garrel, ceci explique cela).

 

 

maldepierres2

 

Arrivée à la cure, elle va un peu tirer la gueule la Gab, elle se fait chier sévère avec ces vieux riches et les ordres de boire de l’eau, encore et toujours; se faire tremper dans l’eau chaude; se faire asperger d’eau froide. Puis elle se fait amie avec une des employées de la cure et en la suivant pendant son service, elle rencontre André (Garrel), lieutenant blessé de la guerre d’Indochine. Ils se rapprochent, passent du temps ensemble, on le voit clairement qu’elle est tombée sous son charme, elle est trop in love la Gab, et on la comprend, on aurait certainement été pareil. Elle l’aime, l’écoute, s’illumine à son regard, sourit, devient douce et attentive.

 

Puis la cure se termine et elle doit rentrer chez elle en attendant qu’une chose, recevoir la lettre d’André qui lui dira de la rejoindre….

 

Je ne peux pas t’en dire plus pour ne pas saboter le suspense, mais mon dieu que c’est beau et dur à la fois. L’amour est une salope, toi même tu sais.

Les scènes de love entre Gabrielle et André sont d’une sensualité extrême, d’une beauté bluffante et si douces qu’elles vont te faire douter de ta vie sentimentale que tu vas trouver triste et morne.

 

Je suis ressortie du cinéma et il m’a fallu je pense quasi une heure à sortir de film, je te souhaite la même obsession.

 

Bon film!