Voir Rocco et rester bouche bée

Bouche bée ok, mais grandement bée alors, même très grandement. Parce qu’il fallait accueillir la surprise autant que le calibre du mythe Siffredi.

Le Centre Phi diffusait le documentaire Rocco de Thierry Demaizière et Alban Teurlai et samedi était la dernière projection. Ca faisait depuis fin novembre, quand le film est sorti en France, que je voulais le voir. Alors samedi soir, c’était à mon tour.

 

Le documentaire s’ouvre sur ce qu’on connait le mieux de Siffredi: sa bite. Sous la douche, au repos,  le premier plan présente son atout, en toute simplicité et presque douceur. Pas de vulgarité dans cette scène. Juste un gars qui se douche et se laisse aller aux confessions sur sa personne, sa vie, ses doutes et angoisses.

 

Rocco, tout le monde le connait. Son nom à lui seul fait vendre. Ta mère, ta soeur, ton cousin, ton mec, tout le monde sait qui il est. Combien ont pourtant vu ses films? Peut-être un peu moins. Mon frère sûrement oui. Ma mère certainement non.

Il est devenu une marque, un emblème, un symbole. Rocco a frappé fort – et pas qu’avec sa teub – (ok bon désolée, c’est un article où on parle porno, j’ai pris sur moi pour éviter les jeux de mots de merde jusqu’à maintenant mais fallait que ça sorte…ah tiens j’ai failli en faire un autre…). Ok donc il a frappé fort et marqué toute une génération en définissant un style, le sien, le rough sex. Et rough, le mot est loin d’être exagéré. Bien hardcore le porno version Rocco. Oublie ton petit film érotique de M6, Rocco te sert de la baffe, étranglement, gonzo, sodom vénère et toutes les déclinaisons qui vont faire fermer cet article à ma mère à ce moment précis. Merci d’avoir tenu jusqu’ici maman, bisous.

 

 

 

 

Le documentaire le suit entre Budapest, où il habite avec sa femme et leurs deux enfants et les USA pour des tournages. Il est l’acteur aux 5000 meufs. 5000. Replace juste ça en contexte. Pour illustrer ça, regarde ton nombre d’amis Facebook, et logiquement c’est moins de 5000, et dis toi que tu vas devoir multiplier à un certain facteur ce nombre pour atteindre le nombre de meufs avec qui il a tourné.

Ouais.

Avec des scènes vraiment trash. Pas de bites, ou peu dans les plans, pas de chattes non plus. Tu peux presque y aller avec ta mère. Presque. Mais putain de malaise par moments. Quand une actrice se fait mettre des cheveux dans la bouche par Rocco et qu’il lui dit « parle moi maintenant », elle galère à parler, tu peux t’en douter. Mais il la laisse faire un moment avant de lui enlever.

Quand une aspirante actrice qui n’a jamais fait d’anal est prête à tout pour être célèbre. Et elle lui dit « je veux être une star comme toi, je suis prête à tout ». Non meuf, pas à tout.

Je suis d’accord que chacun puisse avoir ses petits trucs au lit, certains aiment le jeu de rôle, d’autres les petits noms chelous, t’as ceux qui aiment les déguisement, après t’as ceux qui se pissent dessus, qui ont besoin de se faire gifler ou dominer pour kiffer. Le monde du cul est vraiment incroyable et effrayant. Il te fait dire que ta voisine, en bonne girl next door est peut être adepte du gode ceinture et que tu penses que tout ce qui la fait mouiller c’est de mater Hanouna en replay.

Alors je dis ok sur les pratiques, chacun fait ce qu’il veut de son cul et du moment où c’est fait entre adultes consentants, soit. Mais putain les meufs, levez la main si une d’entre vous a déjà rêvé d’être dans un putain de bukkake pour prendre son pied (maman, t’es pas obligée de taper « bukkake » dans google image)? Ou se retrouver avec des putains de bleus sur les fesses et les larmes aux yeux de douleur? Putain le porno doit faire fantasmer ok mais pas flipper non plus.

 

Enfin bref, je continue dans le genre. T’as cette petite meuf de 18 piges qui pourrait être ta petite cousine et qui va tourner avec Rocco pour la première fois. A peine sur le tournage elle le chauffe ve-nère. Lui la teste et lui met littéralement son poing dans sa bouche, et enfonce ses doigts plus loin pour voir jusqu’où elle peut aller. Ces secondes sont longues, crois-moi.

La meuf a les larmes aux yeux. Rocco maintient le poing dans la bouche. Puis il l’enlève. Tu te sens alors mal. Elle essuie ses larmes. Puis ils se galochent comme des pré-pubères. Elle est fière, elle a pleuré mais putain elle a tenu. Moi perso j’ai eu mal au bide à voir ça.

 

 

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Au delà de ca (ouf), le docu est vraiment intéressant. Alors oui il faut peut-être avoir le coeur bien accroché par moments, mais on y découvre aussi les coulisses d’un tournage, la préparation des acteurs-actrices, les idées très mauvais goût et ringardes en terme de « costumes », mise en scène, « scénario » et j’en passe. On y découvre aussi un Rocco rempli de failles et de douleurs. Avec des putains de blessures et psychoses. Il est clairement obsédé par le cul, mais pas comme un pervers, plutôt comme un malade qui devrait faire une thérapie. Il a hérité de cette peine quand son frère est mort et que sa mère n’a plus jamais souri. Il a comblé cette douleur dans cette fixation. Ca aurait pu être l’alcool, la drogue, le tricot; la nature lui a donné 24 centimètres, ça a été le cul.

 

Et oui, 24 centimètres. Quand j’étais au lycée on s’était amusées avec mes copines à évaluer 24 centimètres. C’est mon avant bras. Je laisse ton imagination faire le reste du travail.

 

On voit aussi sa femme et ses deux garçons dans le docu. Sa femme qui mérite certainement la palme de l’amour et de la tolérance. Quand le métier de ton mari c’est de troncher de la go, faut être quand même super zen avec soi-même pour bien le vivre. Surtout quand celui-ci a mis en pause sa carrière et que tu l’as poussé à y retourner car tu voyais qu’il était mal. Amour infini et respect éternel sur toi. Je ne pourrai jamais égaler ta tolérance. Impossible.

 

Rocco a l’air d’un bon père, proche de ses fils, protecteur, drôle, mari attentionné et fou de sa femme. Un peu la famille idéale, sauf que je boulot de papa c’est de retourner des gamines à la chaîne et les finir en facial.

 

Alors si t’as pas peur de froisser ton petit coeur romantique va voir le docu, il est bien construit, intéressant, beau, et coeur avec les doigts sur le cousin de Rocco, sorti tout droit d’une comédie italienne.